Appel à communication pour la revue Initio, 10(1)

« (Re)penser l’éducation et la vie au travail »

Le comité éditorial de la revue Initio

 

Lors des derniers mois, de multiples stratégies ont été mises en œuvre, tant dans le monde de l’éducation que celui du travail de manière générale, pour s’adapter aux aléas de la pandémie et des problèmes engendrés. De façon assez attendue, les ouvrages et numéros de revues traitant de la crise de la COVID-19 se sont succédés ces derniers mois. Si les approches ont été multiples et les angles de problématiques nombreux, ce dixième numéro d’Initio souhaite redonner une place de choix à la compréhension de l’humain et ses agissements face à la crise.

 

La sociologie l’a démontré, tout comme d’autres disciplines; l’humain, en qualité d’acteur, a la capacité de s'octroyer des marges de liberté dans divers contextes et parvient à développer des compétences lorsqu’il est contraint d’adapter son comportement. Or, cette crise a touché non seulement la santé physique des gens, mais a eu des impacts sur leur bien-être, leurs conditions de travail et leur équilibre de vie. Les stratégies et ressources déployées rapidement à différents moments de la pandémie montrent qu’il est possible d’envisager des changements importants (ONU, 2020). Ainsi, ce bouleversement peut être une occasion de générer des innovations permettant de remédier aux crises déjà présentes, d’où l’importance de redonner une place de choix à la compréhension de l’humain et ses agissements face à la crise. Pour ce faire, il pourrait être intéressant de recenser les pratiques les plus viables et d’envisager leur application à long terme, tant en éducation que dans le monde du travail.

 

Dans ce cadre-ci, les questions qui se posent sont nombreuses : quels sont les impacts de la pandémie sur la vie des chercheur·se·s ? Que savons-nous aujourd’hui sur la santé mentale des personnes qui œuvrent dans l’éducation ? Comment les professionnels fonctionnent-ils dans ce contexte d’incertitudes ? Quels apprentissages peuvent être conservés au-delà de la pandémie ? En plus de ces questions, ce dixième numéro souhaite laisser la porte ouverte aux réflexions sur les restructurations qui ont lieu en temps de pandémie et sur la nature des innovations pédagogiques, intellectuelles ou fonctionnelles. Ainsi, ce numéro tentera de documenter des pratiques novatrices à promouvoir ainsi que les retombées positives de la crise qui nous inspirent à repenser l’avenir de l’éducation et du monde du travail, notamment selon quatre axes.

 

Axe 1 : Qualité de vie et santé

Bien que la qualité de vie et la santé relèvent de la perception et du contexte dans lequel évolue chaque acteur scolaire, plusieurs conséquences ont été documentées dans les écrits scientifiques. Le contexte, marqué par l’incertitude, a généré plusieurs appréhensions et questionnements dans l’exercice des fonctions habituelles. De façon générale, dans le domaine de l’éducation, la situation a déclenché du stress et de l’anxiété affectant le bien-être et la santé mentale des enseignant·es (Weiss et al., 2021), mais aussi des élèves et des acteur·ices scolaires (Weiss et al., 2020). D’importantes modifications dans la nature même du travail ont également été dénotées exacerbant la tâche demandée : l’apprentissage de nouvelles technologies, les contraintes physiques comme la distanciation sociale et le port du masque, la planification des cours, etc. Le même constat est fait du côté du monde du travail. En effet, depuis la pandémie, un plus grand nombre de travailleur·ses rapportent avoir rencontré des difficultés liées au stress et à l’anxiété, ce qui a un impact direct sur leur qualité de vie. En plus de la santé mentale, la crise sanitaire a également affecté la santé physique et les habitudes de vie, notamment quant à l’alimentation (restauration, alcool, etc.), la qualité du sommeil ainsi que le temps d’activité physique (Institut national de santé publique du Québec [INSPQ], 2020 ; INSPQ, 2021). Or, les individus ont été appelés à s’adapter et à faire preuve d’une grande flexibilité, ce qui nous amène à nous intéresser aux retombées de cette situation notamment quant à leur qualité de vie et à leur santé.

 

Avec un peu de recul, comment cette situation a-t-elle été gérée dans les différentes organisations ? Comment les travailleurs·ses, tant de l’éducation que du monde du travail en général, se sont-ils·elles concrètement adaptés·es à la situation ? De quelle façon la qualité de vie et le bien-être des acteur·ices de l’éducation a-t-elle été influencée par cette situation ? Quelles sont les retombées de la situation quant à la santé au travail ?

 

Axe 2 : Décisions politiques et conséquences sur la vie au travail

La pandémie mondiale de la COVID-19 a conduit à une réforme quasi instantanée de l’éducation partout sur la planète (United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization [UNESCO], 2020 ; Instituto de Investigaciones sobre la Universidad y la Educación [IISUE], 2020), due à une nécessité d’agir face à la crise plutôt qu’à une planification délibérée et réfléchie. Au Québec, comme ailleurs, le ministère de l’Éducation a dû prendre plusieurs décisions afin d’être en mesure de mener à terme l’année scolaire. Or, sur le plan de la gestion des établissements d’enseignement, les directions d’établissements d’enseignement doivent veiller à la mise en œuvre de toutes les décisions au niveau des mesures sanitaires tout autant que de l’enseignement. Nous souhaitons, entre autres, questionner les décisions prises par le ministère, notamment les mesures sanitaires implémentées et l’allègement du curriculum. Comment ces décisions contribueront-elles à la réussite des apprenant·es ?

 

En outre, dans quelle mesure de telles décisions ont entrainé des approches parfois différentes de la part des DÉE auprès des enseignants·es, des élèves, etc. ? De quelle façon cette période de crise a-t-elle mené les dirigeants·es à repenser leur modèle de leadership ? Quels sont les aspects positifs concernant la gestion des DÉE ?

 

Axe 3 : Vie de chercheur·se et impacts de la COVID-19

Comme diverses activités professionnelles, beaucoup de chercheur·se·s ont été amenés à modifier leurs pratiques professionnelles pour continuer leurs activités. Ce bousculement mondial, tant soudain qu’imprévisible, a forcé le monde de la recherche à repenser ces normes et pratiques professionnelles. Presque vingt mois après le début de la crise, il est possible d’observer des changements qui impactent à moyen terme la vie de chercheur·se. Cet axe, qui se veut volontairement vaste dans son spectre, ouvre les questions suivantes : comment les chercheur·ses ont-ils été impactés durant la pandémie ? Dans quelle mesure la COVID-19 a-t-elle mis en péril les formes de construction des rapports professionnels entre chercheur·ses particulièrement importantes pour ceux qui débutent ? L’annulation des colloques et autres conférences auront-elles un effet sur les compétences des jeunes chercheur·ses ?

 

Cet axe ouvre également la porte aux personnes qui souhaiteraient montrer dans quelle mesure la planification de leurs travaux a dû être modifiée à cause de la COVID-19.

 

Axe 4 : Télétravail

Sous toutes ses formes, le télétravail s’est imposé comme une stratégie cohérente pour pallier aux besoins sociaux et économiques depuis le début de la pandémie, en éducation (Beaudry, Deschenaux, Aguir et L’Hébreux, 2021) comme dans le monde du travail de manière générale (L’Écuyer, Bélisle et Paquet, 2021). En effet, dès les premières semaines de confinement, les entreprises, organisations et travailleur·ses ont dû faire preuve de créativité et de flexibilité pour instaurer une toute nouvelle organisation du travail qui est rapidement devenue, pour plusieurs, une nouvelle norme. Plus d’un an après l’instauration en masse du télétravail, il est possible d’engager différentes réflexions qui apparaissent nécessaires concernant l’avenir de celui-ci. Quelles implications le télétravail comporte-t-il pour les pratiques éducatives ? Quels sont les impacts sur l’insertion et les trajectoires professionnelles ainsi que sur la qualité de vie des travailleur·ses ? Quelles sont les répercussions sur les entreprises, les organisations et leur gestion ? Qu’en est-il de la nouvelle place du travail par rapport aux autres sphères de vie ? Quelles approches pourraient nous permettre d’augmenter les bénéfices et réduire les coûts reliés à cette organisation du travail ?

 

Ainsi, quelles sont les conclusions à tirer sur cette période de grands changements et comment intégrer, de manière durable, ces nouvelles stratégies afin qu’elles bénéficient au bien-être des travailleur·ses et des organisations de travail ?

 

Formats de manuscrits acceptés :

● Article théorique

● Article empirique

● Compte-rendu de lecture

● Chronique

● Projet de recherche (devis)

 

Plus d’informations sur les formats de manuscrits acceptés à l'adresse suivante : https://hal.archives-ouvertes.fr/INITIO/page/politique-editoriale.

 

Calendrier prévu

🚩 Les manuscrits feront l’objet d’un processus d’arbitrage en double aveugle. Le comité éditorial conserve la prérogative quant à la décision finale liée à la publication d’un manuscrit. Le respect des délais prévus constitue une condition sine qua non au processus de sélection d’un manuscrit au sein de ce numéro.

 

Les auteur·trices intéressé·es à apporter leur contribution sont encouragé·e·s à envoyer une note d’intention au comité éditorial de la revue via le formulaire suivant (google form) : https://forms.gle/Rm6EtezGM9keDReh8.

 

Le manuscrit devra être déposé au plus tard le 14 mars 2022 en le soumettant directement à l’URL suivant : https://hal.archives-ouvertes.fr/INITIO/page/soumission.

 

Les manuscrits seront soumis au comité éditorial et aux réviseur·ses de la revue Initio qui vérifieront le respect de l’appel à contribution et évalueront le respect de la politique éditoriale de la revue (https://www.initio.fse.ulaval.ca/instruction/). Le comité éditorial de la revue Initio réagira aux soumissions dans un délai de 60 jours.

 

Si la proposition est acceptée, les auteur·trices disposeront ensuite d’un délai de 30 jours pour répondre aux demandes de corrections, si cela s’avère nécessaire.

 

La révision linguistique et la mise en page finale seront réalisées par l’équipe de la revue Initio.

 

Date de publication envisagée : Automne 2022.

 

Références

Beaudry, C., Deschenaux, F., Aguir, M. et L’Hébreux, S. (2021). Quitter la profession enseignante ? L’évolution des conditions d’exercice du travail du personnel enseignant québécois dans le contexte de la COVID-19. Revue Interventions économiques. Papers in Political Economy, 1(66).

 

Instituto de Investigaciones sobre la Universidad y la Educación (IISUE). (2020). Educación y pandemia. Una visión académica. Universidad Nacional Autónoma de México. http://www.iisue.unam.mx/nosotros/covid/educacion-y-pandemia

 

Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). (2021). COVID-19 - Sondages sur les attitudes et les comportements des adultes québécois.

 

Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). (2020). COVID-19 - Pandémie et pratique d’activité physique chez les adultes.

 

L’Écuyer, F., Bélisle, L. et Paquet, M. (2021). Exploration des facteurs reliés au télétravail ayant un effet sur la satisfaction au travail en contexte de pandémie. Penser la Covid-19, et penser le monde: Réflexion critique sur les effets de la pandémie du printemps 2020, 181.

 

Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO). (2020). COVID-19. Un aperçu des stratégies nationales d’adaptation relatives aux examens et évaluations à enjeux élevés.

 

Weiss, P.-O., Ramassamy, C., Ferrière, S., Alì, M. et Ailincai, R. (2020). La formation initiale des enseignants en contexte de confinement: une enquête comparative dans la France d’outre-mer. International Journal of Technologies in Higher Education, 17(3). 178-194. https://www.ritpu.ca/fr/articles/view/448

 

Weiss, P.-O., Guilmois, C., Ramassamy, C et Alì, M. (2022). Les enseignants de Martinique en période de confinement: la continuité pédagogique en question. Carrefours de l’éducation, 51.